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Salle dédiée (Partie 3) : La conception de la salle
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Niveau supérieur
Installations Pro
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Troisième partie de la saga "Salle en sous-sol", ce volet nous décrit la phase d'étude de la pièce.
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Salle en sous-sol
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En route pour une partie un peu rébarbative. Je vous promets que la prochaine comportera plus d’images.
Résumé des épisodes précédents :
DSR a été mandatée par un particulier pour étudier la transformation d’un sous-sol un peu tristounet (murs en béton, carrelage, extraction d’air apparente et bruyante) en salle de cinéma privée à l’atmosphère cosy, à l’acoustique contrôlée, et devant nuire le moins possible à la quiétude de la maisonnée.
Nos héros ont découvert la pièce qui sera le théâtre de leur prochaine aventure, et ont commencé à étudier un projet cadrant avec les envies et exigences du propriétaire. Quelles péripéties les attendent à ce stade ? Jean-Jacques trouvera t’il un juste milieu entre le costume cravate et le bleu de travail ? Stéphane trouvera t’il l’occasion de pratiquer son sport favori : le barbouillage au blackson ? Marc-Etienne cessera t’il enfin d’écrire des bêtises ?
Visite
Comme toutes nos installations (à l’exception notable de celles étudiées sur plans, si la maison n’existe pas), celle-ci a commencé par une visite des lieux. Mon avis personnel est que le professionnel qui vous fera une proposition un peu technique sans s’être déplacé… n’est pas si professionnel que ça.
Nous avons donc repéré les lieux, pris quelques photographies afin de fixer les idées et confirmer les souvenirs ultérieurs, et la maîtresse de maison nous a remis un plan qu’elle avait relevé - ce qui nous a évité de le faire.
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Aspect de la salle avant travaux
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A priori, pas de problème majeur, mais une porte à remplacer côté garage pour assurer une sécurité suffisante, un plafond un peu bas, un tableau électrique insuffisant et ayant visiblement souffert d’un dégât des eaux, et quelques tuyaux bruyants (évacuation de machine à laver) et protubérants (VMC apparente tout le long d’un des murs).
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Le plan avant travaux
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Entretien
Nous avons ensuite discuté un long moment avec le chef de famille qui nous a confirmé ses envies : étudiant son projet depuis plus d’un an, suivant assidûment les forums américains, il nous a confié son souhait de nous faire installer un projecteur DLP. Comme vous le savez certainement, les projecteurs DLP récents (à matrice HD2) sont devenus de sérieux compétiteurs pour les tri-tubes. Monsieur M. – comme nous l’appellerons dorénavant – préférait accepter de devoir se rééquiper pour suivre les progrès technologiques, justement parce qu’il était certain de garder une marge de progression en prenant un DLP (en comparaison avec un tri-tubes, technologies considérée comme mûre à ce jour). Plutôt que d’avoir un beau tri-tubes ad vitam ou presque. Choix défendable. Concernant les électroniques et les enceintes, Monsieur M. souhaitait un système B&W, et l’amplificateur Pioneer AX10 -et, pour tout dire, sa future entrée numérique multi-canaux (SACD/DVD-A)- le titillait.
Enfin, une solution de contrôle centralisé devrait être étudiée, ainsi que la gestion de l’éclairage et une ouverture sur un système multi-room et domotique.
Munis de ces éléments et d’un budget indicatif devant couvrir l’ensemble des travaux, nous sommes repartis étudier le projet.
Choix du matériel
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BW CDM9NT
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La part la plus rapide de l’étude est généralement le chiffrage du matériel – surtout quand le client a émis des préférences. Pour cette salle, nous nous sommes arrêtés sur un pack B&W 9NT, de technologie Nautilus (en 7.1, avec la centrale et les surround appropriés), un caisson Jamo D8 (THW Ultra 2) et le caisson existant (Boston) afin de « remplir » correctement les 45m² et d’avoir une pression acoustique confortable dans les graves. Un équalizer numérique viendrait se brancher entre le préampli et les caissons, afin de gérer correctement le raccordement de leur deux réponses en fréquence et de contrôler au mieux les « modes » résonnants de la pièce. (Une habitude dans nos réalisations : le surcoût est généralement négligeable et cette petite égalisation permet de contrôler les problèmes résistant à un traitement acoustique léger).
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SIM2 HT300+
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Le projecteur serait un SIM2 HT300+, l’ampli/processeur le Pioneer AX10 et le lecteur de DVD le Pioneer DV-757ai et sa sortie numérique FireWire.
Et l’écran un 2m40 16/9 Draper blanc mat, non transonore puisque les enceintes seraient apparentes. Draper propose aujourd’hui des écrans gris qui auraient pu augmenter un peu le contraste, mais ils n’étaient pas disponibles à l’époque et un écran GreyHawk Stewart aurait trop grevé le budget.
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Grafilk Eye
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La gestion d’éclairage serait confiée à une centrale Lutron Grafik Eye 4 zones, et la commande de l’ensemble serait basée sur un système ouvert (technologie IP) et une WebTablet.
L’élaboration des plans
Pour une salle dédiée, la plupart des contraintes propres à l’intégration dans une pièce à vivre sont absentes : le placement des spectateurs peut être déterminé au centimètre, un traitement acoustique peut être posé sans nuire à la décoration (ce qui peut tout à fait être réalisé dans une pièce à vivre également, mais c’est chose moins aisée), etc. Nous étudions donc l’acoustique des salles en question de façon poussée avant de lancer les travaux.
Etude acoustique
La première chose à ne pas rater dans une salle de home-cinéma, c’est l’image. Nous avons donc vérifié en fonction des dimensions de la salle et de l’écran et des contraintes de positionnement du projecteur que nous pourrions le suspendre à une position où il ne gênerait pas le passage (le plafond étant assez bas), où il serait assez éloigné des spectateurs pour ne pas leur souffler dans les oreilles, et surtout qui n’imposerait pas de correction numérique de trapèze, afin de préserver absolument la qualité d’image. Le SIM2 présente l’avantage d’être une focale longue avec un lens shift. Nous l’avons donc placé au plus loin possible en fonction du lens shift, et de façon à ne pas avoir à le rabaisser par rapport au plafond. Ainsi, il serait au-dessus du futur bar.
Ensuite, nous avons passé la salle à la moulinette. Cette opération en plusieurs étapes nous sert à positionner précisément les positions d’écoute. Beaucoup de paramètres entrent en jeu et sont interdépendants dans une installation home-cinéma : la position des auditeurs conditionne celle du caisson. Mais la position des auditeurs est fonction de la taille de l’écran, du nombre de places, du nombre de rangs, et de la forme de la salle. La position des surround est imposée par la position des spectateurs. Oui, mais si le caisson est un modèle à encastrer ou qu’il va trouver sa place dans une niche, c’est lui qui impose les autres paramètres…
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Modélisation acoustique
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En pratique,la modélisation de la salle et le calcul des caractéristiques d’écoute à chacune des places permet d’affiner une implantation suggérée par le bon sens.
La proposition de décoration, et toujours l’acoustique
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Proposition de décoration
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L’étape suivante est l’étude de la décoration. Monsieur M. souhaitait une décoration typée cinéma, dans les tons rouges. Nous avons donc pris la modélisation de la salle, implanté les éléments à des emplacements plausibles, mis en place l’écran, et proposé une décoration. Ces images sont venues compléter la proposition technique chiffrée. La décoration doit permettre l’intégration d’un traitement acoustique. Dans le cas présent, le problème de la salle était principalement son plafond trop bas. Et la solution a été… de le rabaisser encore ( !) en suspendant un plafond en dalles de laine de roche. Ainsi, les réflexions primaires sur le plafond seraient évitées. Ce plafond serait noir sur la partie surplombant l’écran -comme le mur supportant l'écran- afin de préserver absolument le contraste de l’image, et blanc sur le reste de la salle afin de conserver une lumière suffisante.
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Proposition de décoration
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Notre seconde inquiétude (corroborée par les simulations) était de nous retrouver avec une salle à l’acoustique trop matte. Beaucoup de gens pensent que traiter acoustiquement une salle c’est la recouvrir intégralement de laine minérale ou de boites à œufs. Passons sur les boites à œufs et leur courbe de réponse questionnable, tapisser tous les murs de laine minérale est une hérésie : si effectivement, une salle dont tous les murs sont absorbants évite certains phénomènes acoustiques gênants tels que les filtres en peigne (interférences entre l’onde directe et l’onde réfléchie par une surface avant d’atteindre l’oreille), le traitement de ces phénomènes ne nécessite qu’un traitement local aux emplacements de ces réflexions primaires.
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Calcul d'ambiance acoustique : la salle est trop absorbante
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Une salle trop absorbante vous fera monter le son de votre ampli (les watts partant se dissiper en chaleur dans l’absorbant au lieu de remplir la pièce), et pire encore ne sera d’aucun effet contre les « modes » de la pièce (ces fréquences graves auxquelles l’air dans la pièce entre en résonnance). Le résultat ? Une salle désagréable dans laquelle on ne s’entend pas parler.
Fin de la digression : nous voulions justement éviter que la moquette, le plafond absorbant et les tissus tendus sur molleton donnent un résultat trop mat. Mais il fallait tout de même traiter les réflexions primaires sur les murs.
Nous avons donc choisi d’intégrer des panneaux diffuseurs à profil aléatoire dans les murs latéraux, à l’emplacement de ces réflexions primaires. L’onde serait donc diffusée et non absorbée, et notre salle gagnerait un peu de surfaces réfléchissantes.
Quand au problème des tuyaux bruyants et de la VMC à préserver, deux caissons seraient créés de part et d’autre de la pièce, comme deux corniches, qui permettraient de contenir câblages et gaines de ventilation et d’encastrer un éclairage décoratif.
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Le plan résultant de l'étude
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La seule concession aux contraintes de la salle, en plus du plafond un peu bas (plafond d'origine à 2m05) serait l'emplacement de la porte d'entrée, derrière une des enceintes. La porte (lourde porte pallière pour isoler le rez-de-chaussée du bruit) s'ouvrant vers le sas laisserait un passage confortable. La pratique a confirmé notre impression, et l'ouverture ne donne pas l'impression d'être bouchée par l'enceinte (dont la position est un peu trop centrée sur le plan).
Evolutivité
Nous avons prévu un pré-câblage complet en prévoyant des gaines en attente pour la commande d’une éventuelle climatisation ou d’un système de masquage d’écran, en câblant plusieurs prises en RJ-45, en modifiant la distribution d’antenne afin de permettre la génération ultérieure de chaînes de télévision interne, etc. Un bornier a été prévu afin de permettre le raccordement d’une console de jeux ou d’un ordinateur au système, à proximité des sièges. Et des câbles en attente ont été prévus vers le rez-de-chaussée, au-dessus de la salle, afin de pouvoir raccorder le système au reste de la maison (intégration du portier vidéo, du téléphone, connexion au futur système multi-room).
Conclusion
Voilà. Toutes ces étapes ont précédé la réalisation de la salle. Et nombre de ces points ont encore été affinés durant la construction de ce home-cinema.
Croyez-moi, le jeu en vaut –largement- la chandelle : qui voudrait dépenser autant d’argent dans du si beau matériel pour arriver à un résultat moyen ou avoir une salle peu pratique ? Certainement pas nos clients.
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